Morceaux choisis: au revoir la purée!

juin 17, 2011 § Poster un commentaire

◊ 1 an, quelques dents, l’envie de faire comme les grands:

Passé l’âge d’un an, mes filles ont décidé qu’elles ne voulaient plus de nourriture de bébé et ont rejeté en masse les purées qu’elles mangeaient habituellement. Après quelques semaines infructueuses à leur proposer des purées nous sommes donc passés à autre chose. Jusque là elles mangeaient quelques morceaux à la main de temps à autre, mais sans plus. Elles attendaient sans doute d’être prêtes… En tout cas elles m’ont clairement fait comprendre que d’une part elles voulaient mettre la main à la pâte (aux pâtes?) et d’autre part choisir ce qu’elles mangeaient. Depuis nous nous asseyons à table tous ensemble, je leur prépare une grande assiette avec en majorité des choses qu’elles peuvent prendre elles-même à la main (à part les aliments comme le riz ou les petites pâtes que je leur donne à la cuillère) et elles prennent ce qu’elles veulent (je mets les morceaux directement sur la table devant elles). Je ne contrôle du coup plus les quantités mais cela a l’air de bien fonctionner pour elles. Pour la cuillère, elles ont encore de la peine à manipuler les ustensiles seules donc je les aide, mais en gros j’essaye de respecter leur volonté d’autonomie le plus possible.

◊ Quelques conseils pour passer aux morceaux:

– Attendre que l’enfant tienne bien en position assise (dans sa chaise haute) et maîtrise la pince (qu’il puisse saisir des morceaux entre son pouce et son index).

Attendre que l’enfant soit prêt: ne pas insister; de toute façon il ne mangera pas que de la purée toute sa vie, et si il ne manifeste pas l’envie de manger des morceaux à 11 mois mais à 13, qu’est-ce que ça peut faire? Certains enfants commencent à 6 mois, d’autres après 1 an.

– Commencer par des morceaux assez gros à croquer comme les biscuits ou à machouiller comme une croûte de pain. J’ai commencé vers 8 mois environ à donner des biscuits et du pain mais certains commencent avant.

Le laisser faire: il vaut mieux éviter de mettre des morceaux soi-même dans la bouche de bébé. Soit il acceptera mais ne gagnera aucune autonomie, soit il rejetera et croira qu’on essaye de le forcer. On peut guider la main de bébé, ou même lui tenir un morceau pour qu’il approche sa bouche, mais c’est à lui de décider de prendre le morceau.

Séparer les textures: d’un côté la purée, de l’autre des vrais morceaux. Certains enfants acceptent de passer graduellement du très lisse au hâché fin puis petits morceaux, mais beaucoup (comme les miennes) refusent ces textures « intermédiaires » et n’aiment pas les purées avec des morceaux ou les « micro-morceaux ». Ils ont le réflexe de « gober » la purée donc avec les morceaux ça ne passe pas et cela peut leur donner envie de vomir.

Satisfaire la curiosité des tout-petits: si bébé est intéressé par un aliment que vous mangez, ne pas hésiter à lui faire goûter, je pense qu’il n’est jamais trop tôt pour apprendre dans le domaine de l’alimentation, et passé 1 an, pas besoin d’interdits sur des aliments en particuliers (sauf si l’enfant est à risque d’allergie bien sûr).

Prendre le repas en famille: installer bébé à table et partager son repas avec lui permettra non seulement à tous de vivre ces moments en famille, mais aiguisera aussi son intérêt en voyant les grands manger. De plus cela élargira l’éventail d’aliments proposés.

Persister sans insister: si bébé refuse en bloc les morceaux, attendre quelques jours et recommencer. Si il accepte les morceaux mais refuse un aliment en particulier, lui reproposer sans insistance les jours suivants; il faut un peu de temps pour se familiariser avec une nouvelle texture comme avec un nouveau goût.

◊ Quelques suggestions d’aliments en morceaux pour commencer:

– croûtes de pain et biscuits (pas trop secs)

– morceaux de fruits et légumes mous (banane, pêche ou poire bien mûre, pomme cuite, batonnets de carottes cuites)

– morceaux de fromage et jambon (pour le jambon limiter à 1 fois par semaine avant 1 an car assez salé)

◊ Un petit mot sur le Baby-Led Weaning:

Les adeptes du Baby-Led Weaning (« diversification menée par l’enfant) ne passent jamais par la case purée et laissent leurs enfants se débrouiller, en plaçant simplement des aliments devant l’enfant. Le BLW est en fait un complément assez logique de l’allaitement à la demande et se veut respectueux des besoins et envies des tout petits. On voit des petits de 6, 7 ou 8 mois manger des morceaux de tout, tout seuls. Quelques photos à l’appui ici.

Je n’ai pas pratiqué le BLW, mais avec le recul je me dis que c’est une technique intéressante et somme toute assez logique (qui demande toutefois une certaine patience). Pour plus d’informations voir ce site.

Mon enfant ne mange pas

juin 15, 2011 § Poster un commentaire

Je suis tout récemment tombée par hasard, et bonheur, sur le très bon livre du Dr Carlos Gonzalez « Mon enfant ne mange pas ».  Ce livre est arrivé un peu tard, car dans l’idéal je l’aurais lu avant la naissance, mais mieux vaut tard que jamais, et je dois dire que ce livre m’a donné une nouvelle perspective sur cette relation triangulaire pas toujours évidente parent-enfant-nourriture. Je recommande vraiment ce livre à tous les parents qui se trouvent confrontés (que ce soit sur du court-terme ou du long-terme) à un enfant qui « ne mange pas ».

L’approche du Dr Gonzalez ne propose pas une solution pour faire manger son enfant, mais pour cesser de voir dans un petit appétit un problème:

« … le problème de l’enfant qui ne mange pas vient d’un déséquilibre entre ce que l’enfant mange et ce que sa mère s’attend à ce qu’il mange ».

L’auteur se base sur son expérience en tant que pédiatre mais aussi en tant que père d’enfants « qui ne mangeaient pas »: ses idées et arguments sont pleins de bon sens et de logique et s’appuient aussi sur la réalité et le vécu de nombreux parents; le Dr Gonzalez démystifie nombre d’idées reçues, place les choses en perspectives (parmi elles les courbes de croissance) et propose aux parents de changer leur attitude et leurs attentes pour retrouver la paix au moment des repas et surtout, surtout, laisser nos enfants grandir à leur rythme.

◊ Petits morceaux choisis:

L’auteur traite le sujet sur de multiples plans et je ne pourrais restituer tout ici, alors voici simplement quelques extraits, j’espère qu’il ne me tiendra pas rigueur de citer ici quelques passages…

…sur le principe fondamental de ne jamais forcer un enfant à manger:

« L’idée qui consiste à ne pas obliger l’enfant à manger (…) ne devrait pas être considérée comme une « méthode pour ouvrir l’appétit », mais plutôt comme une manifestation de notre amour et de notre respect pour notre enfant ».

… sur l’alimentation et la croissance:

« …plusieurs croient que la croissance est une conséquence de l’alimentation. Il n’est est rien. La croissance ne se verra affectée qu’en cas de véritable malnutrition… En fait, nous ne grandissons pas parce que nous avons mangé, mais nous mangeons parce que nous grandissons… La taille définitive d’un individu dépend surtout de ses gènes et un peu de son alimentation ».

… sur le fait que chaque enfant est unique:

« Il existe dans le monde des gens de toutes les tailles et, chaque matin, en allant faire nos courses, nous croisons des gens qui pèsent 50kg et d’autres qui en pèsent 100. Croyez-vous que ces gens avaient le même poids à trois mois? Pourquoi avons-nous tant de peine à accepter les différence de poids chez les enfants? »

… sur le fait que les enfants savent dont ils ont besoin:

« Il n’y a aucun doute que c’est la responsabilité des parents d’offrir une variété d’aliments sains, mais c’est à l’enfant de choisir parmi ces aliments ce qu’il veut manger et quelle quantité ».

◊ Où trouver ce livre:

Vous pouvez vous procurer ce livre au prix de 18 euros sur la boutique du site de La Leche League (ceci est le lien pour le site français, le livre est disponible dans d’autres langues sur le site de LLL de votre pays).

Note: le Dr Gonzalez est très pro-allaitement, mais son livre s’adresse à tous les parents, que les enfants soient allaités ou non.

Mon expérience de l’allaitement

juin 14, 2011 § Poster un commentaire

Je voulais faire un petit billet sur mon expérience de l’allaitement, même si je suis loin d’être une experte, car ça a été une période importante dans l’alimentation de mes filles.

◊ Quand l’inné doit s’acquérir…

Je suis allée vers l’allaitement « la fleur au fusil » en pensant que ce serait facile et naturel, et que de toute façon si ça ne marchait pas, je n’insisterais pas.

Je me suis vite rendue compte que ce n’était pas si simple: les débuts ont été très difficiles (montée de lait très tardive et pénible, ni moi ni mes filles ne semblaient savoir quoi faire…), et surtout je me suis rendue compte que je ne pouvais pas juste dire « tant pis, je n’insiste pas ». J’aurais sans doute lâché l’affaire si je n’avais été entourée de sage-femmes me soutenant et me conseillant (j’avoue que si je n’ai pas abandonné au bout de 2 jours, c’est parce que j’avais honte de le faire, et que je me serais sentie coupable de ne pas avoir persévéré …). Finalement, à force de persévérance (ou d’obstination…), ce qui m’a semblé un petit miracle s’est produit et soudain j’avais du lait en abondance.

J’ai allaité mes filles 5 mois et je suis contente d’avoir pu le faire même si en toute franchise je ne me suis pas trouvée une « vocation » d’allaitante.  Il y a beaucoup de débats et discussions sur l’allaitement et j’ai l’impression qu’on est toujours un peu dans les extrêmes; soit on est accro (et on allaite très longtemps), soit c’est le lait infantile direct; soit on est mise sous pression de le faire, soit découragée de suite, etc. Il y a à la fois une certaine association « allaitement = bonne mère » et en même temps un gros manque de soutien pour les mamans souhaitant allaiter.

◊ Un petit questions-réponses sur mon expérience:

C’est facile d’allaiter?

Pour certaines oui, pour d’autres non. J’étais dans la deuxième catégorie au début. C’est comme ça, comme c’est le cas pour tomber enceinte, vivre sa grossesse, accoucher, etc. On est toutes différentes… Je pense qu’il ne faut écouter ni ceux qui disent « c’est très facile » car c’est très décourageant quand pour soi ça ne l’est pas, ni ceux qui disent « c’est l’horreur » car ce n’est pas la peine d’abandonner avant d’avoir essayé. Je crois qu’il faut s’écouter soi, écouter ses envies, ses intuitions, et faire clairement part autour de soi de ses désirs par rapport à tout ça.

Comment aborder l’allaitement?

Se renseigner avant sur ce que cela veut dire, allaiter. Je regrette de ne pas l’avoir fait, je pense que le choc des débuts aurait été moins difficile pour moi. Savoir qu’il y a un apprentissage à faire, trouver autour de soi du soutien (par exemple des sage-femmes conseillères en lactation). Je pense qu’on peut lire un tac de trucs, mais rien ne remplace une discussion avec une personne qui connaît le sujet. Je pense que ça aide beaucoup aussi si on a un entourage conscient de ce que ça prend en termes de temps, d’énergie, et de difficultés potentielles.

C’est vraiment mieux d’allaiter?

Je crois sincèrement que c’est au cas par cas. Les recommendations de l’OMS (allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois) sont à mon sens surtout importantes pour les populations qui n’ont pas accès à l’eau potable ou vivent dans des environnement insalubres peu propices à la préparation des biberons. Des rapports scientifiques sortent régulièrement pour prendre parti sur « oui c’est mieux » ou « non ça ne fait pas de différence ». Je laisse l’arène du débat aux chercheurs, même si j’aime penser qu’effectivement le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur (ce serait logique). Je préfère prendre les choses autrement: je crois que c’est mieux d’allaiter si c’est ce que l’on désire pour sa famille. L’important c’est de nourrir son enfant d’abord avec amour, que ce soit avec un biberon ou au sein.

L’allaitement exclut-il le père?

C’est un sujet qui revient fréquemment dans les discussions sur l’allaitement. Dans les premiers mois de vie de bébé, c’est vrai que nourrir reste l’activité centrale et principale, et j’imagine qu’un père peut se sentir exclu de cette relation très particulière, qu’il peut se sentir moins « essentiel ». Dans notre cas, je tirais mon lait et souvent nous nous partagions les repas, parfois c’est lui qui faisait les repas seuls avec les filles. Cela a très bien fonctionné pour notre famille. Pour moi c’était important que le papa soit lui aussi nourricier, et également que je sache que mes filles n’étaient pas exclusivement dépendantes de moi. On se concentre beaucoup sur la notion d’unité « mère-enfant » mais je trouve que c’est plus important de se concentrer sur l’unité « famille » et prendre les décisions en conséquences.

Beaucoup n’ont pas assez de lait et doivent arrêter, est-ce vrai?

Pour faire simple, la réponse est oui car pour avoir assez de lait, cela demande pour certaines plus de travail que pour d’autres; par travail j’entends motivation, concentration, temps. Il ne faut pas se leurrer, ça demande énormément d’énergie et une bonne organisation. J’ai été personnellement époustouflée de la capacité du corps à pouvoir produire autant. Je crois que le secret réside dans sa propre motivation à vouloir allaiter (je n’exclus pas que dans certains cas, il y a des femmes pour qui c’est vraiment difficile d’avoir assez de lait), mais le mental joue le rôle principal dans cet exploit physique: c’est un peu comme le sport finalement ;). Et puis même si on n’a pas assez de lait, on peut tout à fait passer à l’allaitement mixte, on ne met pas en danger la santé de bébé par ce qu’on donne du lait infantile et du lait maternel.

Quand doit-on arrêter?

Quand on en a envie, tout simplement. Je crois que c’est à chaque maman de décider en fonction de ses circonstances. Ce n’est pas la peine de continuer si l’allaitement devient une galère et qu’on ne le voit que comme une contrainte, tout comme je ne vois pas l’intérêt d’arrêter parce qu’un bouquin (ou un pédiatre!) dit « vous pouvez arrêter maintenant ».

◊ Quelques ressources sur l’allaitement:

Il y a des milliers de sites consacrés à l’allaitement. Pour moi l’incontournable reste celui de  La Leche League, et on peut également prendre contact avec l’association pour des conseils.

Voir aussi des infos très pratiques concernant la conservation du lait maternel sur ce site.

L’alimentation et mon pédiatre

juin 8, 2011 § Poster un commentaire

Scène typique du déroulement des visites chez le pédiatre:

Bébé toute nue, sur la balance, puis le corps bien à l’horizontale pour mesurer la taille, mesure du périmètre cranien, petites croix sur des courbes illisibles…

Pépé: bon elle a un a peu pris mais pas des tonnes hein, combien elle mange?

Moi: ben je trouve qu’il y a du mieux, elle était moins difficile ces derniers temps. Elle prend à peu près… (là je sors les quantités en cours en étant large…)

Pépé: ah c’est pas trop mal, il faudrait qu’elle prenne un peu plus de solides à son âge

Moi: oui mais je ne peux pas la gaver, les quantités que vous me donnez c’est bien trop pour elle… mais au niveau de ses courbes, c’est bon non?

Pépé: oui ça va, c’est un petit gabarit, elle suit sa courbe, enfin c’est pas formidable

Moi: (gros soupir) sinon vous pouvez me conseiller car en ce moment elle refuse son plat à midi, mais elle mange volontiers le dessert; je fais quoi, je lui donne que si elle finit le plat ou je lui donne seulement du yaourt tant qu’elle veut?

Pépé: alors moi je dis que tant que l’enfant ne mange pas son plat, pas de dessert, mais bon votre fille est petite donc il faut mieux ne pas la laisser sans manger….

Conclusion: changer de pédiatre…

Le sucré: ami ou ennemi des petits?

juin 8, 2011 § Poster un commentaire

Je voulais parler un peu du sucré car c’est un sujet qui revient souvent quand on aborde l’alimentation des enfants; je précise sucré pour distinguer du terme plus générique de « sucres » qui inclut les sucres lents (type pâtes, riz, etc.), aliments indispensables à la croissance et la santé.

Une amie m’a dit l’autre jour qu’elle n’avait pas donné à ses enfants de produits sucrés jusqu’à leurs 18 mois afin de ne pas les habituer au goût, car selon elle les petits n’ont pas besoin de sucré. Je pense qu’elle a à la fois raison et tort:

– Raison car effectivement les tout petits n’ont pas besoin de sucré pour bien se développer. D’ailleurs même adultes nous n’avons pas un besoin vital de sucré – le sucre après tout n’est pas devenu populaire avant le 17ème siècle, et le corps humain peut tout à fait fonctionner sans sucré.

– Tort car je ne crois pas que quel que soit le laps de temps qu’on impose avant de proposer un goût sucré, on peut retarder le fait qu’on aime ce goût. C’est humain, la grande majorité d’entre nous aime ce qui est sucré; la notion de plaisir qui y est associée est très forte. Après tout la génération de nos grands-parents n’a pas connu comme nous le sucre en abondance et pourtant ça ne veut pas dire que nos papys et mamies n’aiment pas les douceurs. Et n’oublions pas que le lait maternel a un goût un peu sucré…

Nombre d’articles sont publiés sur les méfaits du sucre, les produits alimentaires sont de plus en plus sucrés et contribuent directement aux problèmes d’obésité infantile. Beaucoup de pédiatres recommendent aujourd’hui aux parents de surveiller la consommation de sucre chez les enfant et je pense qu’ils ont parfaitement raison. Bien sûr à cela s’opposent les goliaths de l’agro-alimentaire qui incitent (avec beaucoup de succès) nos enfants à consommer du sucre sous tout un tas de formes alléchantes. Je crois que dans cette bataille, on se doit avant tout de faire preuve de bon sens avec nos petits bouts:

  • ne pas sucrer inutilement: on n’a pas besoin de sucrer le lait, l’eau, le yaourt nature, la compote de fruits etc. Ce sont des aliments suffisamment doux (parfois naturellement sucrés pour les fruits) pour que les tout petits les apprécient comme tels, et il est important que les enfants aient une notion des différents goûts afin de les aider à adopter une alimentation variée; qu’ils puissent à la fois apprécier ce qui est sucré, et ce qui ne l’est pas.
  • ne pas diaboliser le sucre: je ne crois pas qu’il y ait un intérêt à dire que le sucre doit être banni de l’alimentation, et le sucré participe à la construction d’une alimentation variée. Il s’agit de proposer aux enfants des aliments sucrés en modération, parmi les autres aliments qui composent leur alimentation: par exemple un jour au menu c’est un yaourt nature, le lendemain une compote, le surlendemain un petit suisse aux fruits, le jour suivant un fruit frais, etc.
  • ne pas faire du sucre une monnaie d’échange: il est dangereux à mon sens de marchander la nourriture (ou la bonne conduite) grâce au sucre, du type « si tu manges tes haricots, tu auras une crême caramel, sinon un yaourt nature » ou alors « si tu es sage, je t’achète une crêpe au chocolat ». Imaginez pour un petit ce que ça peut vouloir dire (le sucré c’est quand je suis gentil, donc sucré = bien, pas sucré = mal). Il vaut mieux dire « tu ne veux plus de haricots, bon aujourd’hui en dessert il y a un yaourt nature (ou une crême au chocolat) » ou « tu as envie d’une crêpe au chocolat? ». Le sucre ne devrait pas être une récompense (tout comme en priver ne devrait pas être une punition).
  • ne pas utiliser le sucre en remplacement: lorsque l’enfant a faim en dehors des repas, ne pas donner systématiquement de choses sucrées parce que c’est ce qu’il aime, ou parce que c’est pratique. Un verre de lait, une tartine de pain avec un peu de beurre, un morceau de fromage, etc. sont de meilleurs choix nutritifs et contribuent à éduquer l’enfant sur ce qu’il mange. Bien sûr de temps à autre un biscuit au chocolat ou une glace ont tout autant leur place: le danger du sucre est qu’il devienne une habitude systématique. Et si l’enfant a soif, l’eau fait parfaitement l’affaire, surtout pendant les repas, ce qui n’empêche pas de donner de temps à autre un jus de fruit.
  • bannir les édulcorants: ils n’ont rien à faire dans l’alimentation de nos enfants; ils n’ont aucun intérêt nutritif et habituent à manger du sucré en grandes quantités, donc à proscrire.
En conclusion, je crois que le sucré doit faire partie de l’alimentation des petits, en modération, tout comme le reste des aliments que nous leur proposons. Si il prend une trop grande place il devient ennemi, mais on peut en faire un ami pour la vie en lui donnant sa juste place.

Petit exercice de lâcher-prise

juin 5, 2011 § Poster un commentaire

Notre petite mangeuse se transformant fréquemment en micro-mangeuse, nous vivons du coup des périodes assez difficiles, emplies de frustrations, d’inquiétudes et d’incompréhension (mais pourquoi donc ne veut-elle pas manger???). Je dis nous, car quand la maman stresse, c’est toute la famille qui le ressent, ce qui n’arrange pas la situation de la maman qui du coup stresse encore plus. Bien sûr le stress impacte aussi sur la micro-mangeuse qui du coup se tâte de passer au stade zéro-mangeuse, bref, un petit cercle vicieux pas sympa du tout.

◊ Les règles:

Je me suis donc résolue à aborder le problème sous un autre angle: à savoir que (la perception de) son manque d’appétit est un problème pour moi, pas pour elle. A moi donc de trouver la solution de mon côté. Pour ce faire, je me suis soumise à un petit (enfin pour moi ce n’était pas si « petit » que ça) exercice de lâcher-prise en me fixant les conditions et règles suivantes:

1) Pendant 3 jours (soit 12 repas), ne pas intervenir du tout pendant les repas: c’est-à-dire aucune présence physique aux repas. C’est leur père (que je remercie mille fois pour sa patience) qui s’occupait exclusivement des repas du matin au soir.

2) Ne pas parler du déroulement des repas après: ne poser aucune question sur les repas (est-ce qu’elle a mangé? combien de grammes de viande? elle a fini son biberon? etc.), vraiment nada.

3) Profiter de mes filles: en ne participant pas aux repas, me débarrasser de cette pression auto-infligée qui me bouffait (…) à toute heure de la journée (avant les repas: que vais-je leur préparer? vont-elles manger?, après les repas: comment ont-elles mangé jusqu’à présent? se rattraperont-elles ce soir? etc), se concentrer sur les moments de découvertes, de jeux, d’échanges et de rires.

◊ Les résultats:

– L’exercice a été en fait moins difficile que prévu: pas évident-évident le premier jour, mais j’ai tenu bon pour ne pas aller dans la cuisine, pour ne pas poser de questions, et j’en ai profité pour lire et écouter de la musique.

– Pendant 3 jours je ne sais pas ce qu’ont mangé mes filles: quels aliments, en quelles quantités, si elles ont aimé ou pas, si elles ont été agitées au moment des repas ou au contraire sages comme des images. Tout ce que je sais c’est qu’elles ne se sont pas évanouies d’inanition, qu’elles n’ont pas l’air d’avoir perdu de poids, qu’elles ont toujours autant d’énergie.

– Pendant 3 jours j’ai « retrouvé » le sentiment extraordinaire qu’est le bonheur d’être mère, en prenant du bon temps avec mes filles, sans me gâcher une belle journée à cause d’une assiette de purée pas terminée.

– Pendant 3 jours, je ne sais donc pas si elles ont mangé plus (ou moins d’ailleurs) du fait que je n’étais pas à leurs côtés, mais je sais que ce problème d’appétit lui n’était aux côtés de personne…

◊ Et maintenant?

Demain je reprends ma casquette de nourricière, avec un état d’esprit tout à fait différent. En espérant que cet exercice aura porté ses fruits et que les repas vont pouvoir (re)devenir un de ces moments de découverte et de plaisir.

A suivre donc…

La révolution de Jamie

juin 1, 2011 § Poster un commentaire

◊ Talkin’ about a revolution

Vous connaissez probablement Jamie Oliver, cuisinier britannique prodigue au service de sa majesté, papa de 4 enfants aux noms, heu, disons originaux (Poppy Honey, Daisy Boo, Petal Blossom et Buddy Bear – mais bon il fait ce qu’il veut). Avant je n’étais pas super fan de Jamie, je trouvais qu’il en faisait un peu trop avec pas assez (je coupe 2 tomates et j’ajoute de l’huile d’olive et hop voici une salade de tomates miam-miam) mais depuis sa « food revolution » je dois dire que j’éprouve aujourd’hui beaucoup de respect à son égard et je voulais faire un billet sur ce sujet. Je m’éloigne ici un peu de l’alimentation des tout petits car la révolution de Jamie s’adresse aux enfants plus grands et puis il fait sa révolution aux US, pays de tous les vices culinaires. Mais comme les bonnes et surtout les mauvaises habitudes se prennent vite et tôt, c’est dès maintenant que nous, jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs) parents, devons être conscients des dangers qui guettent nos petits bouts. Et ça m’est égal si Mr Oliver le fait pour l’argent, la gloire ou une volonté réelle de faire une différence (et pourquoi par les trois?), son message est essentiel: nous, parents, devons éduquer nos enfants sur l’alimentation: c’est une question de survie.

Cette « Food Revolution » est basée sur une idée forte et simple: le fait que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la nouvelle génération fait face à la perspective d’une vie moins longue que celle de ses parents, à cause notamment d’une alimentation trop riche, trop grasse, trop fabriquée, trop transformée. Elle prône donc un retour aux bases: connaissances des aliments, apprentissage de la cuisine, utilisation de produits frais, éducation des enfants.

Certes les habitudes alimentaires des petits Américains peuvent nous sembler extrêmes (des enfants qui prennent de la pizza au petit dèj à la cantoche de l’école, qui ne savent pas distinguer une tomate d’une pomme de terre, les petites briques de lait pour enfant qui contiennent autant de sucre qu’une canette de cola etc…), mais elles finissent toujours par s’exporter, il n’y a qu’à regarder le paysage de la restauration pour s’en rendre compte. Nous bénéficions d’un bel avertissement. A nous donc de ne pas l’ignorer.

◊ En savoir plus:

– Le programme « Food Revolution » s’accompagne d’une série télévisée diffusée sur les chaînes britanniques et américaines ainsi que d’un site internet (en anglais of course).

– Vous pouvez visionner une présentation (22 minutes environ) de Jamie Oliver sur sa « Food Revolution » ici. La vidéo est en anglais mais vous pouvez activer le sous-titrage en français (ou en « québécois » :D ) comme ceci:

Où suis-je ?

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