La révolution de Jamie

juin 1, 2011 § Poster un commentaire

◊ Talkin’ about a revolution

Vous connaissez probablement Jamie Oliver, cuisinier britannique prodigue au service de sa majesté, papa de 4 enfants aux noms, heu, disons originaux (Poppy Honey, Daisy Boo, Petal Blossom et Buddy Bear – mais bon il fait ce qu’il veut). Avant je n’étais pas super fan de Jamie, je trouvais qu’il en faisait un peu trop avec pas assez (je coupe 2 tomates et j’ajoute de l’huile d’olive et hop voici une salade de tomates miam-miam) mais depuis sa « food revolution » je dois dire que j’éprouve aujourd’hui beaucoup de respect à son égard et je voulais faire un billet sur ce sujet. Je m’éloigne ici un peu de l’alimentation des tout petits car la révolution de Jamie s’adresse aux enfants plus grands et puis il fait sa révolution aux US, pays de tous les vices culinaires. Mais comme les bonnes et surtout les mauvaises habitudes se prennent vite et tôt, c’est dès maintenant que nous, jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs) parents, devons être conscients des dangers qui guettent nos petits bouts. Et ça m’est égal si Mr Oliver le fait pour l’argent, la gloire ou une volonté réelle de faire une différence (et pourquoi par les trois?), son message est essentiel: nous, parents, devons éduquer nos enfants sur l’alimentation: c’est une question de survie.

Cette « Food Revolution » est basée sur une idée forte et simple: le fait que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la nouvelle génération fait face à la perspective d’une vie moins longue que celle de ses parents, à cause notamment d’une alimentation trop riche, trop grasse, trop fabriquée, trop transformée. Elle prône donc un retour aux bases: connaissances des aliments, apprentissage de la cuisine, utilisation de produits frais, éducation des enfants.

Certes les habitudes alimentaires des petits Américains peuvent nous sembler extrêmes (des enfants qui prennent de la pizza au petit dèj à la cantoche de l’école, qui ne savent pas distinguer une tomate d’une pomme de terre, les petites briques de lait pour enfant qui contiennent autant de sucre qu’une canette de cola etc…), mais elles finissent toujours par s’exporter, il n’y a qu’à regarder le paysage de la restauration pour s’en rendre compte. Nous bénéficions d’un bel avertissement. A nous donc de ne pas l’ignorer.

◊ En savoir plus:

– Le programme « Food Revolution » s’accompagne d’une série télévisée diffusée sur les chaînes britanniques et américaines ainsi que d’un site internet (en anglais of course).

– Vous pouvez visionner une présentation (22 minutes environ) de Jamie Oliver sur sa « Food Revolution » ici. La vidéo est en anglais mais vous pouvez activer le sous-titrage en français (ou en « québécois » :D ) comme ceci:

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Anciennes et nouvelles courbes de croissance

mai 30, 2011 § Poster un commentaire

◊ Courbes changeantes:

J’ai déjà parlé dans un précédent billet des courbes de croissances, intimement liées à l’alimentation, et je voulais revenir un peu sur le sujet et aborder notamment la question des anciennes et nouvelles courbes de croissance (celles concernant le poids).

Bien que l’OMS ait récemment (enfin c’était en 2006…) mis à jour ses courbes de croissance, celles-ci n’ont pas été encore systématiquement adoptées et adaptées au niveau national et de nombreux pédiatres utilisent encore les anciennes courbes (ça paraît fou mais c’est comme ça).  Or ces anciennes courbes (datant de 1978) ont tendance à favoriser les bébé qui « se portent bien » et cela peut prêter à confusion certains parents: l’enfant n’est pas sur l’ancienne courbe, mais si on applique la nouvelle il y est, tout comme un enfant vu comme un « grand » sur l’ancienne courbe peut en fait être en surpoids sur la nouvelle!

Les anciennes courbes de l’OMS ont été réactualisées pour les raisons suivantes:

échantillon non représentatif: l’échantillon statistique de base était très restreint (moins de 300 enfants) et prenait en compte des enfants « semblables » (même milieu social, même pays; les US); les nouvelles courbes sont basées sur un échantillon plus large (plus de 8000 enfants) et variés (enfants de différents continents et pays).

modes de nutrition différents: les enfants étaient d’une part essentiellement nourris au lait infantile (on a constaté que les bébés nourris au LI grossissent plus vite que les enfants nourris au lait maternel), et d’autre part ces enfants étaient diversifiés avant 4 mois, deux pratiques qui s’opposent aux recommandations actuelles (allaitement jusqu’à 6 mois, pas de diversification avant 4 mois). Les nouvelles courbes sont basées sur des enfants nourris selon ces recommandations.

◊ Quelques informations complémentaires:

– les détails de l’élaboration de ces courbes sont disponibles ici (en anglais).

Les besoins énergétiques des tout petits

mai 30, 2011 § Poster un commentaire

◊ De l’énergie pour découvrir le monde

Et oui, il en faut de l’énergie pour se retourner, ramper, grimper, marcher, jouer, rire et découvrir! On parle souvent de quantités en terme de volume (bébé devrait boire X ml de lait) ou poids (bébé devrait manger Y grammes de légumes) et rarement des besoins énergétiques des touts petits. Et puis en regardant un documentaire télévisé un peu par hasard, j’ai entendu qu’un bébé de 1 an avait besoin de… 1000 calories par jour! Cela m’a paru énorme et a piqué ma curiosité, et après quelques recherches j’ai trouvé ce document assez intéressant que vous pouvez télécharger ici.

Le document est orienté « médecine » (j’en ai trouvé d’autres similaires sur d’autres sites de cours médicaux) et je vous en résume sous forme graphique les points principaux concernant les besoins des bébés (le document traite aussi de la diversification alimentaire ou encore des différents types de lait):

Attention, pas question de compter les calories de bébé (à moins d’un suivi strict préconisé par un pédiatre), mais je trouve l’information plutôt pertinente quand on a des gabarits qui ne sont pas pile dans la moyenne: elle permet de situer un peu les choses et de prendre les quantités préconisées avec beaucoup de précaution. Cela a finalement peu de sens de dire qu’un bébé de tel âge doit manger tant: par exemple un bébé d’1 an de 11 kilos et un autre de 8 kilos n’ont pas les mêmes besoins: c’est 300 calories de différence, soit un bon repas! En sachant qu’en plus il peut y avoir des écarts importants en termes de besoins d’un enfant à l’autre, d’un jour à l’autre (voire d’un repas à l’autre ;)), sans pour autant que l’enfant soit en mauvaise santé…

Et bien sûr mes enfants n’ont aucune connaissance de ces chiffres et s’en fichent royalement!!!!

Bébé ne veut pas manger!

mai 29, 2011 § Poster un commentaire

◊ Les petits appétits:

Lorsqu’on a un bébé qui mange bien (prend plaisir à tout goûter, finit son assiette), on a du mal à comprendre ces parents inquiets qui ont des bébés « qui ne mangent pas » (d’ailleurs on se dit souvent que c’est la faute des parents justement…). Les parents de petits mangeurs affrontent un quotidien difficile et la simple pensée du repas à venir peut devenir source d’angoisse. Nourrir son enfant est notre tâche la plus basique, et ne pas y arriver nous renvoie rapidement à une remise en question sur notre capacité de nourricier, de bon parent. Difficile de ne pas tomber dans la frustration, voire la colère, le désespoir, de ne pas faire du repas une lutte, de cacher son inquiétude. Difficile de rester positif quand son bébé se retrouve tout en bas des courbes, voire en dehors.

J’ai couru et parcouru le net, en français et en anglais, afin de trouver des conseils et des trucs et des témoignages, et non, je n’ai pas trouvé LA réponse mais je retiens de ces errances les points suivants (vérifiés par mon expérience):

– les parents de petits mangeurs ne sont pas seuls. Il suffit de google-iser « bébé ne veut pas » et en moins d’un quart d’une seconde, s’affiche en tête de liste « bébé ne veut pas manger » avec presque 7 millions de résultats. En anglais c’est encore mieux: « baby does not want to eat » et hop Google balance pas moins de 78 millions de résultats!

– le monde de la pédiatrie, si il sait plein de choses sur le développement des enfants et est fort de recommendations, reste finalement assez muet face à la question « pourquoi mon enfant ne mange pas? » lorsque toute pathologie ou allergie sont exclues.

– le mot d’ordre sur lequel tout le monde est d’accord est de ne jamais forcer bébé à manger (mais comment peut-on vraiment, sur du long-terme, forcer un bébé à manger??).

– bébé voit rapidement le pouvoir qu’il peut avoir grâce à la nourriture, et même si on essaye de ruser, on est sûr de perdre car qui connaît les règles de ce « jeu » (qui n’en est certainement pas un pour bébé). Et par pouvoir je n’entends pas une force machiavélique que nos petits bouts utiliseraient pour le plaisir de nous embêter, mais simplement de leur capacité à refuser quelque chose pour des raisons qui nous échappent, mais qui existent et sont donc valables pour eux.

– bébé sent tout, même la petite boule au ventre qui s’installe bien confortablement à l’approche des repas et que vous tentez de dissimuler derrière une voix douce, des gestes mesurés, une patience quasi-monacale.

– la diversion, la menace, la tendresse, la supplication, l’ignorance, la négotiation, la dissimulation: toutes ces tactiques ne servent à rien, il faut faire preuve de patience et ne pas se décourager. Et si on arrive à bout, il faut se faire remplacer au moment du repas par une personne plus zen. Bébé ne mangera pas systématiquement mieux (même si c’est souvent le cas), mais au moins il restera zen, et vous aussi (ou presque).

– les deux premières années de vie de bébé, il faut qu’il soit gros (gros = beau), et pour toutes les suivantes, c’est l’inverse! L’obésité infantile est un des problèmes majeurs de la nouvelle génération, alors finalement avoir un enfant un peu « maigrichon » ce n’est pas si grave…

◊ Quelques articles sur le sujet :

Pas de solution miracle « quand on a tout essayé », mais quelques articles intéressants:

* dossier sur le sujet « Que faire lorsque son enfant ne mange pas » sur le site Doctissimo

* un très bon article du Dr Alain Brochard sur pédiatre-online.fr

* le site d’une diététicienne, Anais Laffond

Guide pratique sur l’alimentation et la diversification alimentaire

mai 12, 2011 § Poster un commentaire

Le meilleur guide que j’ai trouvé est celui du ministère français pour la santé, le maintenant fameux « bougermanger »: simple, clair, une bonne référence qui donne une information très complète (repères, conseils, exemples de menus) sur l’alimentation des 0 à 3 ans, à télécharger ici.

Le tableau en pages 38-39 donne une vue d’ensemble des catégories d’aliments à introduire lors de la diversification,  je le restitue ici (version à imprimer et aimanter sur le réfrigirateur):

Quantités de lait du nourrisson

mai 12, 2011 § Poster un commentaire

Je ne suggère en aucun cas de s’armer systématiquement d’une balance ou d’une calculatrice pour nourrir bébé. Cela dit, lorsque bébé ne mange pas assez, ou trop – et ceci se reflète dans sa croissance, il est utile pour les parents d’avoir des notions de quantités (et aussi pour les mamans allaitantes qui tirent leur lait!). Et pour beaucoup de jeunes parents, il est simplement rassurant d’avoir quelques repères. Bien sûr, chaque appétit et chaque gabarit sont différents, et bébé à priori sait ce dont il a besoin, donc ces informations sont des repères – à ajuster bien entendu selon chaque bébé.

◊ La règle d’Appert:

On dit en général que bébé doit consommer 1/6 de son poids en lait (donc pour un bébé de 4kg, il faudrait 670ml de lait par jour).  La règle d’Appert me paraît plus réaliste, en tout cas pour les bébés qui ne sont pas « gros mangeurs ». On calcule les besoins en lait quotidien du nourrisson (avant diversification alimentaire) comme suit:

Poids de bébé (en g)  / 10 + 250 = quantité de lait en ml

Et voici un tableau tout fait avec les quantités recommandées selon le poids de bébé, indiquant aussi la quantité du biberon (arrondie à la dizaine supérieure) selon le nombre de repas de bébé:

◊ Quelques notes complémentaires:

→ Jusqu’à 1 an:

  • une fois la diversification alimentaire commencée, il est recommandé de maintenir au minimum 500ml de lait par jour (ou produits laitiers; par exemple un yaourt compte dans ces 500ml).
  • on donne soit du lait maternel, soit du lait infantile (le système digestif de bébé n’est pas encore prêt pour le lait de vache).
  • tant que bébé accepte, on peut garder deux repas lactés, les deux autres repas étant diversifiés.

→ Après 1 an:

  • il est recommandé de ne pas dépasser 800ml de lait par jour (tous produits laitiers confondus) pour ne pas surcharger l’alimentation en protéines.
  • on peut remplacer le lait infantile par du lait de croissance ou du lait de vache (entier); le premier est plus cher mais renforcé en vitamines, donc si bébé mange bien une alimentation variée riche en fer, le lait de vache est tout à fait approprié.
  • on peut passer à 3 repas diversifiés, mais sans se presser!

Courbes de croissance

mai 11, 2011 § Poster un commentaire

Les courbes de croissance doivent être regardées avec précaution et jamais de façon isolée (les autres paramètres de développement psycho-moteur sont essentiels). Quand bébé est dans les percentiles extrêmes, ces courbes peuvent même vite devenir stressantes, mais elles gardent un intérêt puisqu’elles sont là pour diagnostiquer un éventuel problème de croissance. Il faut juste garder la bonne perspective: l’important c’est la courbe de son enfant, pas celle des autres! A consommer donc avec modération…

Voici donc mon top 3 des sites traitant ce sujet:

Le site courbedecroissance.com qui a le mérite non seulement de porter un nom sans ambiguïté, mais aussi de proposer une analyse personalisée « étape par étape » de la croissance. C’est tout simple, le site donne des informations claires, pas de jugement « votre enfant est trop gros/petit » et on peut s’abonner gratuitement comme membre afin de conserver les enregistrements. Seul petit bémol; les graphes sont un peu petits.

Le site de l’OMS qui a tous les standards (poids, taille, IMC, périmètre cranien, garçon/fille, etc.): une bonne référence, et les graphiques à imprimer sont très clairs. Je vous mets les liens des principales courbes de croissance à imprimer ci-dessous, je trouve que la plus important courbe est ♥ celle du rapport poids/taille plutôt que celles liées à l’âge:

Courbes de poids pour les filles de 0 à 5 ans

Courbes de taille pour les filles de 0 à 2 ans

♥ Courbes rapport taille/poids pour les filles de 0 à 2 ans

Courbes de poids pour les garçons de 0 à 5 ans

Courbes de taille pour les garçons de 0 à 2 ans

♥ Courbes rapport taille/poids pour les garçons de 0 à 2 ans

Le site de Naître & Grandir avec un outil simple: on entre simplement le sexe, âge, poids et taille de l’enfant et hop le voilà sur la courbe (même si on obtient un visuel un chouia approximatif).