Mon expérience de l’allaitement

juin 14, 2011 § Poster un commentaire

Je voulais faire un petit billet sur mon expérience de l’allaitement, même si je suis loin d’être une experte, car ça a été une période importante dans l’alimentation de mes filles.

◊ Quand l’inné doit s’acquérir…

Je suis allée vers l’allaitement « la fleur au fusil » en pensant que ce serait facile et naturel, et que de toute façon si ça ne marchait pas, je n’insisterais pas.

Je me suis vite rendue compte que ce n’était pas si simple: les débuts ont été très difficiles (montée de lait très tardive et pénible, ni moi ni mes filles ne semblaient savoir quoi faire…), et surtout je me suis rendue compte que je ne pouvais pas juste dire « tant pis, je n’insiste pas ». J’aurais sans doute lâché l’affaire si je n’avais été entourée de sage-femmes me soutenant et me conseillant (j’avoue que si je n’ai pas abandonné au bout de 2 jours, c’est parce que j’avais honte de le faire, et que je me serais sentie coupable de ne pas avoir persévéré …). Finalement, à force de persévérance (ou d’obstination…), ce qui m’a semblé un petit miracle s’est produit et soudain j’avais du lait en abondance.

J’ai allaité mes filles 5 mois et je suis contente d’avoir pu le faire même si en toute franchise je ne me suis pas trouvée une « vocation » d’allaitante.  Il y a beaucoup de débats et discussions sur l’allaitement et j’ai l’impression qu’on est toujours un peu dans les extrêmes; soit on est accro (et on allaite très longtemps), soit c’est le lait infantile direct; soit on est mise sous pression de le faire, soit découragée de suite, etc. Il y a à la fois une certaine association « allaitement = bonne mère » et en même temps un gros manque de soutien pour les mamans souhaitant allaiter.

◊ Un petit questions-réponses sur mon expérience:

C’est facile d’allaiter?

Pour certaines oui, pour d’autres non. J’étais dans la deuxième catégorie au début. C’est comme ça, comme c’est le cas pour tomber enceinte, vivre sa grossesse, accoucher, etc. On est toutes différentes… Je pense qu’il ne faut écouter ni ceux qui disent « c’est très facile » car c’est très décourageant quand pour soi ça ne l’est pas, ni ceux qui disent « c’est l’horreur » car ce n’est pas la peine d’abandonner avant d’avoir essayé. Je crois qu’il faut s’écouter soi, écouter ses envies, ses intuitions, et faire clairement part autour de soi de ses désirs par rapport à tout ça.

Comment aborder l’allaitement?

Se renseigner avant sur ce que cela veut dire, allaiter. Je regrette de ne pas l’avoir fait, je pense que le choc des débuts aurait été moins difficile pour moi. Savoir qu’il y a un apprentissage à faire, trouver autour de soi du soutien (par exemple des sage-femmes conseillères en lactation). Je pense qu’on peut lire un tac de trucs, mais rien ne remplace une discussion avec une personne qui connaît le sujet. Je pense que ça aide beaucoup aussi si on a un entourage conscient de ce que ça prend en termes de temps, d’énergie, et de difficultés potentielles.

C’est vraiment mieux d’allaiter?

Je crois sincèrement que c’est au cas par cas. Les recommendations de l’OMS (allaiter exclusivement jusqu’à 6 mois) sont à mon sens surtout importantes pour les populations qui n’ont pas accès à l’eau potable ou vivent dans des environnement insalubres peu propices à la préparation des biberons. Des rapports scientifiques sortent régulièrement pour prendre parti sur « oui c’est mieux » ou « non ça ne fait pas de différence ». Je laisse l’arène du débat aux chercheurs, même si j’aime penser qu’effectivement le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur (ce serait logique). Je préfère prendre les choses autrement: je crois que c’est mieux d’allaiter si c’est ce que l’on désire pour sa famille. L’important c’est de nourrir son enfant d’abord avec amour, que ce soit avec un biberon ou au sein.

L’allaitement exclut-il le père?

C’est un sujet qui revient fréquemment dans les discussions sur l’allaitement. Dans les premiers mois de vie de bébé, c’est vrai que nourrir reste l’activité centrale et principale, et j’imagine qu’un père peut se sentir exclu de cette relation très particulière, qu’il peut se sentir moins « essentiel ». Dans notre cas, je tirais mon lait et souvent nous nous partagions les repas, parfois c’est lui qui faisait les repas seuls avec les filles. Cela a très bien fonctionné pour notre famille. Pour moi c’était important que le papa soit lui aussi nourricier, et également que je sache que mes filles n’étaient pas exclusivement dépendantes de moi. On se concentre beaucoup sur la notion d’unité « mère-enfant » mais je trouve que c’est plus important de se concentrer sur l’unité « famille » et prendre les décisions en conséquences.

Beaucoup n’ont pas assez de lait et doivent arrêter, est-ce vrai?

Pour faire simple, la réponse est oui car pour avoir assez de lait, cela demande pour certaines plus de travail que pour d’autres; par travail j’entends motivation, concentration, temps. Il ne faut pas se leurrer, ça demande énormément d’énergie et une bonne organisation. J’ai été personnellement époustouflée de la capacité du corps à pouvoir produire autant. Je crois que le secret réside dans sa propre motivation à vouloir allaiter (je n’exclus pas que dans certains cas, il y a des femmes pour qui c’est vraiment difficile d’avoir assez de lait), mais le mental joue le rôle principal dans cet exploit physique: c’est un peu comme le sport finalement ;). Et puis même si on n’a pas assez de lait, on peut tout à fait passer à l’allaitement mixte, on ne met pas en danger la santé de bébé par ce qu’on donne du lait infantile et du lait maternel.

Quand doit-on arrêter?

Quand on en a envie, tout simplement. Je crois que c’est à chaque maman de décider en fonction de ses circonstances. Ce n’est pas la peine de continuer si l’allaitement devient une galère et qu’on ne le voit que comme une contrainte, tout comme je ne vois pas l’intérêt d’arrêter parce qu’un bouquin (ou un pédiatre!) dit « vous pouvez arrêter maintenant ».

◊ Quelques ressources sur l’allaitement:

Il y a des milliers de sites consacrés à l’allaitement. Pour moi l’incontournable reste celui de  La Leche League, et on peut également prendre contact avec l’association pour des conseils.

Voir aussi des infos très pratiques concernant la conservation du lait maternel sur ce site.

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