Mon enfant ne mange pas

juin 15, 2011 § Poster un commentaire

Je suis tout récemment tombée par hasard, et bonheur, sur le très bon livre du Dr Carlos Gonzalez « Mon enfant ne mange pas ».  Ce livre est arrivé un peu tard, car dans l’idéal je l’aurais lu avant la naissance, mais mieux vaut tard que jamais, et je dois dire que ce livre m’a donné une nouvelle perspective sur cette relation triangulaire pas toujours évidente parent-enfant-nourriture. Je recommande vraiment ce livre à tous les parents qui se trouvent confrontés (que ce soit sur du court-terme ou du long-terme) à un enfant qui « ne mange pas ».

L’approche du Dr Gonzalez ne propose pas une solution pour faire manger son enfant, mais pour cesser de voir dans un petit appétit un problème:

« … le problème de l’enfant qui ne mange pas vient d’un déséquilibre entre ce que l’enfant mange et ce que sa mère s’attend à ce qu’il mange ».

L’auteur se base sur son expérience en tant que pédiatre mais aussi en tant que père d’enfants « qui ne mangeaient pas »: ses idées et arguments sont pleins de bon sens et de logique et s’appuient aussi sur la réalité et le vécu de nombreux parents; le Dr Gonzalez démystifie nombre d’idées reçues, place les choses en perspectives (parmi elles les courbes de croissance) et propose aux parents de changer leur attitude et leurs attentes pour retrouver la paix au moment des repas et surtout, surtout, laisser nos enfants grandir à leur rythme.

◊ Petits morceaux choisis:

L’auteur traite le sujet sur de multiples plans et je ne pourrais restituer tout ici, alors voici simplement quelques extraits, j’espère qu’il ne me tiendra pas rigueur de citer ici quelques passages…

…sur le principe fondamental de ne jamais forcer un enfant à manger:

« L’idée qui consiste à ne pas obliger l’enfant à manger (…) ne devrait pas être considérée comme une « méthode pour ouvrir l’appétit », mais plutôt comme une manifestation de notre amour et de notre respect pour notre enfant ».

… sur l’alimentation et la croissance:

« …plusieurs croient que la croissance est une conséquence de l’alimentation. Il n’est est rien. La croissance ne se verra affectée qu’en cas de véritable malnutrition… En fait, nous ne grandissons pas parce que nous avons mangé, mais nous mangeons parce que nous grandissons… La taille définitive d’un individu dépend surtout de ses gènes et un peu de son alimentation ».

… sur le fait que chaque enfant est unique:

« Il existe dans le monde des gens de toutes les tailles et, chaque matin, en allant faire nos courses, nous croisons des gens qui pèsent 50kg et d’autres qui en pèsent 100. Croyez-vous que ces gens avaient le même poids à trois mois? Pourquoi avons-nous tant de peine à accepter les différence de poids chez les enfants? »

… sur le fait que les enfants savent dont ils ont besoin:

« Il n’y a aucun doute que c’est la responsabilité des parents d’offrir une variété d’aliments sains, mais c’est à l’enfant de choisir parmi ces aliments ce qu’il veut manger et quelle quantité ».

◊ Où trouver ce livre:

Vous pouvez vous procurer ce livre au prix de 18 euros sur la boutique du site de La Leche League (ceci est le lien pour le site français, le livre est disponible dans d’autres langues sur le site de LLL de votre pays).

Note: le Dr Gonzalez est très pro-allaitement, mais son livre s’adresse à tous les parents, que les enfants soient allaités ou non.

Petit exercice de lâcher-prise

juin 5, 2011 § Poster un commentaire

Notre petite mangeuse se transformant fréquemment en micro-mangeuse, nous vivons du coup des périodes assez difficiles, emplies de frustrations, d’inquiétudes et d’incompréhension (mais pourquoi donc ne veut-elle pas manger???). Je dis nous, car quand la maman stresse, c’est toute la famille qui le ressent, ce qui n’arrange pas la situation de la maman qui du coup stresse encore plus. Bien sûr le stress impacte aussi sur la micro-mangeuse qui du coup se tâte de passer au stade zéro-mangeuse, bref, un petit cercle vicieux pas sympa du tout.

◊ Les règles:

Je me suis donc résolue à aborder le problème sous un autre angle: à savoir que (la perception de) son manque d’appétit est un problème pour moi, pas pour elle. A moi donc de trouver la solution de mon côté. Pour ce faire, je me suis soumise à un petit (enfin pour moi ce n’était pas si « petit » que ça) exercice de lâcher-prise en me fixant les conditions et règles suivantes:

1) Pendant 3 jours (soit 12 repas), ne pas intervenir du tout pendant les repas: c’est-à-dire aucune présence physique aux repas. C’est leur père (que je remercie mille fois pour sa patience) qui s’occupait exclusivement des repas du matin au soir.

2) Ne pas parler du déroulement des repas après: ne poser aucune question sur les repas (est-ce qu’elle a mangé? combien de grammes de viande? elle a fini son biberon? etc.), vraiment nada.

3) Profiter de mes filles: en ne participant pas aux repas, me débarrasser de cette pression auto-infligée qui me bouffait (…) à toute heure de la journée (avant les repas: que vais-je leur préparer? vont-elles manger?, après les repas: comment ont-elles mangé jusqu’à présent? se rattraperont-elles ce soir? etc), se concentrer sur les moments de découvertes, de jeux, d’échanges et de rires.

◊ Les résultats:

– L’exercice a été en fait moins difficile que prévu: pas évident-évident le premier jour, mais j’ai tenu bon pour ne pas aller dans la cuisine, pour ne pas poser de questions, et j’en ai profité pour lire et écouter de la musique.

– Pendant 3 jours je ne sais pas ce qu’ont mangé mes filles: quels aliments, en quelles quantités, si elles ont aimé ou pas, si elles ont été agitées au moment des repas ou au contraire sages comme des images. Tout ce que je sais c’est qu’elles ne se sont pas évanouies d’inanition, qu’elles n’ont pas l’air d’avoir perdu de poids, qu’elles ont toujours autant d’énergie.

– Pendant 3 jours j’ai « retrouvé » le sentiment extraordinaire qu’est le bonheur d’être mère, en prenant du bon temps avec mes filles, sans me gâcher une belle journée à cause d’une assiette de purée pas terminée.

– Pendant 3 jours, je ne sais donc pas si elles ont mangé plus (ou moins d’ailleurs) du fait que je n’étais pas à leurs côtés, mais je sais que ce problème d’appétit lui n’était aux côtés de personne…

◊ Et maintenant?

Demain je reprends ma casquette de nourricière, avec un état d’esprit tout à fait différent. En espérant que cet exercice aura porté ses fruits et que les repas vont pouvoir (re)devenir un de ces moments de découverte et de plaisir.

A suivre donc…

Bébé ne veut pas manger!

mai 29, 2011 § Poster un commentaire

◊ Les petits appétits:

Lorsqu’on a un bébé qui mange bien (prend plaisir à tout goûter, finit son assiette), on a du mal à comprendre ces parents inquiets qui ont des bébés « qui ne mangent pas » (d’ailleurs on se dit souvent que c’est la faute des parents justement…). Les parents de petits mangeurs affrontent un quotidien difficile et la simple pensée du repas à venir peut devenir source d’angoisse. Nourrir son enfant est notre tâche la plus basique, et ne pas y arriver nous renvoie rapidement à une remise en question sur notre capacité de nourricier, de bon parent. Difficile de ne pas tomber dans la frustration, voire la colère, le désespoir, de ne pas faire du repas une lutte, de cacher son inquiétude. Difficile de rester positif quand son bébé se retrouve tout en bas des courbes, voire en dehors.

J’ai couru et parcouru le net, en français et en anglais, afin de trouver des conseils et des trucs et des témoignages, et non, je n’ai pas trouvé LA réponse mais je retiens de ces errances les points suivants (vérifiés par mon expérience):

– les parents de petits mangeurs ne sont pas seuls. Il suffit de google-iser « bébé ne veut pas » et en moins d’un quart d’une seconde, s’affiche en tête de liste « bébé ne veut pas manger » avec presque 7 millions de résultats. En anglais c’est encore mieux: « baby does not want to eat » et hop Google balance pas moins de 78 millions de résultats!

– le monde de la pédiatrie, si il sait plein de choses sur le développement des enfants et est fort de recommendations, reste finalement assez muet face à la question « pourquoi mon enfant ne mange pas? » lorsque toute pathologie ou allergie sont exclues.

– le mot d’ordre sur lequel tout le monde est d’accord est de ne jamais forcer bébé à manger (mais comment peut-on vraiment, sur du long-terme, forcer un bébé à manger??).

– bébé voit rapidement le pouvoir qu’il peut avoir grâce à la nourriture, et même si on essaye de ruser, on est sûr de perdre car qui connaît les règles de ce « jeu » (qui n’en est certainement pas un pour bébé). Et par pouvoir je n’entends pas une force machiavélique que nos petits bouts utiliseraient pour le plaisir de nous embêter, mais simplement de leur capacité à refuser quelque chose pour des raisons qui nous échappent, mais qui existent et sont donc valables pour eux.

– bébé sent tout, même la petite boule au ventre qui s’installe bien confortablement à l’approche des repas et que vous tentez de dissimuler derrière une voix douce, des gestes mesurés, une patience quasi-monacale.

– la diversion, la menace, la tendresse, la supplication, l’ignorance, la négotiation, la dissimulation: toutes ces tactiques ne servent à rien, il faut faire preuve de patience et ne pas se décourager. Et si on arrive à bout, il faut se faire remplacer au moment du repas par une personne plus zen. Bébé ne mangera pas systématiquement mieux (même si c’est souvent le cas), mais au moins il restera zen, et vous aussi (ou presque).

– les deux premières années de vie de bébé, il faut qu’il soit gros (gros = beau), et pour toutes les suivantes, c’est l’inverse! L’obésité infantile est un des problèmes majeurs de la nouvelle génération, alors finalement avoir un enfant un peu « maigrichon » ce n’est pas si grave…

◊ Quelques articles sur le sujet :

Pas de solution miracle « quand on a tout essayé », mais quelques articles intéressants:

* dossier sur le sujet « Que faire lorsque son enfant ne mange pas » sur le site Doctissimo

* un très bon article du Dr Alain Brochard sur pédiatre-online.fr

* le site d’une diététicienne, Anais Laffond

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